Halloween à Nozay (91620) : 5 rues et chemins qui cachent bien des secrets !

Publié le : 31 Oct, 2026

Halloween à Nozay (91620) : 5 rues et chemins qui cachent bien des secrets !

Et si les rues que vous empruntez chaque jour cachaient des histoires que vous ne soupçonnez pas ?

Derrière ses airs de village paisible, Nozay (91620), dans l’Essonne, possède un passé parfois étonnant. Certaines de ses rues, de ses places et de ses vieilles pierres ont traversé les siècles en conservant des traces de traditions oubliées, de personnages mystérieux et d’événements qui semblent tout droit sortis d’un roman.

Un détail gravé dans la pierre, une inscription effacée, une curieuse plaque sur une façade… Autant de témoins discrets auxquels nous ne prêtons plus vraiment attention.

Pour Halloween, oublions un instant les maisons hantées et les légendes à dormir debout. Les véritables histoires de Nozay sont parfois bien plus fascinantes que la fiction !

Partons à la découverte de cinq lieux du village qui ont encore quelques secrets à nous révéler…

1. Place de la Mairie : et si vous marchiez sur un ancien cimetière ?

Vous traversez régulièrement la place de la Mairie ? Vous ne la regarderez peut-être plus tout à fait de la même façon…

Car sous cette place où les habitants se croisent aujourd’hui se trouvait autrefois… le cimetière du village !

Dès le XIIIe siècle, les Nozéens enterraient leurs défunts autour de l’église Saint-Germain. Entouré d’un mur, ce cimetière occupait notamment l’emplacement de l’actuelle mairie et de sa place.

Pendant des siècles, les générations se sont succédé autour de ce lieu de sépulture, jusqu’à sa désaffectation en 1867, date à laquelle le cimetière fut transféré rue du Temple.

Et le plus troublant ?

Selon les recherches historiques publiées par la mairie, le sous-sol conserve encore des vestiges d’anciennes tombes.

Des anneaux qui racontent une histoire étonnante

Un détail, encore mentionné dans la description historique de l’église, permet de comprendre à quel point les lieux ont changé.

Sur le mur sud de l’édifice se trouvent des anneaux qui servaient autrefois à attacher les chevaux pendant les offices religieux.

Rien d’extraordinaire, me direz-vous…

Sauf qu’ils sont aujourd’hui beaucoup trop hauts pour remplir leur fonction !

L’explication est simple : le niveau du sol était autrefois plus élevé qu’il ne l’est actuellement.

Ces modestes anneaux constituent ainsi les témoins inattendus des transformations successives du terrain qui entourait l’église.

Mais ce n’est pas tout…

Des têtes de mort et des ossements gravés sous les pieds des fidèles !

À l’intérieur de l’église Saint-Germain, plusieurs familles étaient autrefois inhumées sous de grandes dalles funéraires.

L’une d’elles, située à l’entrée du chœur et mesurant environ 1,25 m sur 90 cm, portait le souvenir de Mathurin Berthon, un marchand qui avait légué des terres à la paroisse pour que des offices soient célébrés à sa mémoire.

Sur cette pierre figuraient notamment une tête de mort et des ossements croisés, accompagnés de symboles religieux.

Une autre dalle, plus impressionnante encore, mesurait 2,20 m sur 1,10 m.

Datant du XVIe siècle, elle représentait un couple en vêtements d’époque. Aux pieds du père figuraient trois garçons, tandis que quatre filles étaient représentées aux pieds de la mère.

Sept enfants, gravés dans la pierre aux côtés de leurs parents.

Mais voici le détail le plus émouvant : lorsque ces sépultures furent décrites par les historiens, leurs inscriptions étaient déjà tellement usées qu’il était devenu impossible de retrouver les noms des défunts.

Leurs silhouettes avaient traversé les siècles, mais leurs identités s’étaient effacées…

Ces dalles ne sont plus visibles aujourd’hui.

Alors, la prochaine fois que vous traverserez la place de la Mairie, peut-être penserez-vous à tous ceux qui ont marqué l’histoire de ce lieu bien avant nous.

2. Rue du Temple : une mystérieuse pierre et une croix disparue

Changeons d’époque et remontons jusqu’au Moyen Âge.

À Nozay, la rue du Temple évoque un ordre religieux qui continue, plus de sept siècles après sa disparition, à fasciner les historiens et les amateurs de mystères : les Templiers.

Fondé au XIIe siècle, cet ordre de moines-soldats avait notamment pour mission de protéger les pèlerins se rendant en Terre sainte.

Mais les Templiers étaient également de grands propriétaires terriens, organisant des exploitations agricoles et participant au développement de nombreux territoires.

Selon l’histoire locale publiée par la mairie, ils se seraient établis à Nozay dès le XIIe siècle, contribuant au défrichement des terres, à la création de chemins et à l’organisation des premières fermes.

La rue du Temple, le puits du Temple et plusieurs anciens noms de lieux entretiennent encore ce souvenir.

Mais une étrange pierre de grès alimente toujours les interrogations.

Une pierre de 1,60 m, une inscription latine et une croix mystérieusement disparue

Au bord de l’ancienne mare dite « de la Croix », une imposante pierre de grès intrigue depuis longtemps les passionnés d’histoire locale.

La mairie la décrit comme une pierre dont la partie visible atteignait environ 1,60 m de hauteur.

À l’origine, elle aurait été surmontée d’une croix de fer, qui aurait été arrachée, remplacée, puis de nouveau détruite au début du XXe siècle.

Et c’est ici que l’histoire devient particulièrement intéressante…

Croix-Boisée ou Croix-Brisée : une erreur qui aurait traversé les siècles ?

Dans son récit historique consacré aux Templiers, la mairie de Nozay avance une explication étonnante.

Le nom « Croix-Boisée » serait en réalité une déformation orthographique de « Croix-Brisée », en souvenir de cette croix de fer plusieurs fois endommagée ou détruite.

Autrement dit, un nom de lieu familier pourrait avoir conservé, sous une forme altérée, la mémoire d’un événement très ancien.

Et comme si cela ne suffisait pas, la pierre porterait également une inscription latine dont le déchiffrement reste incertain.

Mais appartenait-elle vraiment aux Templiers ?

C’est là que l’histoire réserve une dernière surprise.

L’Inventaire général du patrimoine culturel, établi sous l’autorité du ministère de la Culture, précise qu’aucune preuve ne permet de confirmer l’origine templière de ce monument.

La pierre pourrait plutôt être associée à un ancien cimetière et avoir supporté une croix métallique.

Une croix disparue, un nom qui aurait changé au fil des siècles, une inscription énigmatique et une origine toujours discutée…

Voilà un mystère que le temps n’a pas entièrement dissipé !

3. Rue de Versailles : quand une simple plaque rappelait une interdiction surprenante !

Imaginez-vous dans le Nozay du XIXe siècle.

Les déplacements se font principalement à pied ou à cheval. Les rues ne ressemblent pas encore à celles que nous connaissons et les façades des maisons servent parfois de supports aux informations administratives.

C’est dans ce contexte qu’apparaît une curiosité historique particulièrement étonnante.

Une plaque en fonte datant de 1844, fixée sur la façade d’une maison de la rue de Versailles.

Son objet ?

Rappeler aux passants… l’interdiction de mendier sur la voie publique !

À cette époque, Nozay appartenait au département de Seine-et-Oise, bien avant la création de l’Essonne.

Selon l’association Nozay et son Histoire, le préfet de Seine-et-Oise avait pris un arrêté interdisant la mendicité sur la voie publique après la mise en place de dépôts de mendicité.

Les communes devaient alors acquérir des plaques en fonte pour signaler cette interdiction aux entrées et sorties des villages.

Une obligation qui témoigne d’une autre époque et d’une manière bien différente d’aborder la pauvreté.

Une plaque historique dont l’adresse exacte reste à retrouver

L’association Nozay et son Histoire a consacré un article à ce vestige dans son guide de rentrée de 2016.

Elle situe la plaque sur la façade d’une maison rue de Versailles, sans toutefois préciser son numéro.

Sa présence actuelle reste donc à confirmer.

Mais cette plaque n’était pas la seule curiosité de Nozay !

Autrefois, quatre plaques directionnelles indiquaient les chemins reliant le village à Montlhéry, La Ville-du-Bois, Marcoussis et Villejust.

L’une d’elles, correspondant à l’ancien chemin vicinal n° 4 vers Villejust, était encore signalée rue de Villarceau en 2016.

Une autre apparaît sur une ancienne carte postale, à l’angle de la rue du Temple et de la rue du Gros-Chêne.

Et savez-vous qu’une plaque Michelin en lave émaillée, provenant du Puy-de-Dôme, était également recensée rue du Bois-Clair ?

Elle indiquait aux voyageurs le nom de la commune, à l’époque des débuts de l’automobile.

De simples plaques qui racontent pourtant tout un pan de notre histoire locale !

Comme quoi, il suffit parfois de lever les yeux sur une façade pour voyager dans le temps…

4. Rue du Gros-Chêne : quand les pierres de Nozay partaient à la conquête de Paris !

Saviez-vous que des pierres extraites à Nozay ont servi à paver les rues de la capitale ?

Difficile à imaginer aujourd’hui, et pourtant !

Le sous-sol de notre commune, riche notamment en grès et en meulière, a longtemps fourni des matériaux de construction.

Les carrières du Gros-Chêne faisaient partie de cette activité.

À partir de la fin du XIXe siècle, le chemin de fer sur route Paris-Arpajon, dont la construction débuta en 1896, permit de transporter vers Paris les pavés extraits de ces carrières.

Oui, des pierres provenant de Nozay étaient destinées aux rues parisiennes !

Mais ce chemin de fer ne transportait pas uniquement des pierres.

Il acheminait également des voyageurs et des récoltes agricoles jusqu’aux Halles de Paris.

À une époque où les déplacements étaient bien plus compliqués qu’aujourd’hui, cette liaison représentait une ouverture importante pour notre village.

Pendant près de quarante ans, elle participa à son développement économique.

Puis, progressivement concurrencé par les transports routiers, le chemin de fer cessa son activité en janvier 1936.

Et la tour Eiffel dans tout ça ?

Voici un autre détail que peu de Nozéens connaissent peut-être.

Selon l’histoire du XXe siècle publiée par la mairie, il fut un temps où l’on pouvait apercevoir la tour Eiffel depuis la rue du Gros-Chêne, vers le carrefour du Chemin-Cadet !

Difficile à imaginer aujourd’hui avec l’évolution du paysage et des constructions, n’est-ce pas ?

Et pourtant, cette perspective lointaine est bien mentionnée dans les archives locales.

Entre les anciennes carrières, les pavés destinés à Paris, le chemin de fer et cette vue étonnante sur la Dame de fer, la rue du Gros-Chêne raconte à elle seule une partie des transformations de Nozay.

Comme quoi, les vieilles pierres ont parfois beaucoup voyagé !

5. Le Mort-Ru : un ruisseau au nom de mauvais présage ?

Terminons notre exploration avec un nom qui semble tout droit sorti d’une histoire d’Halloween.

Le Mort-Ru.

Avouez qu’avec une telle appellation, on serait presque tenté d’imaginer une sombre légende, un événement oublié ou quelque mystère enfoui dans le passé du village…

Et pourtant, le Mort-Ru est bien réel !

Ce petit cours d’eau, appelé Petit Gobert sur une partie de son parcours, prend sa source au lieu-dit Saint-Clair, à Nozay.

À sa sortie de la commune, il devient le Mort-Ru avant de poursuivre son chemin jusqu’à l’Orge.

Mais pourquoi ce nom ?

Un ruisseau qui semble parfois disparaître…

Le mot « ru » vient du latin rivus, qui signifie « ruisseau » ou « cours d’eau ».

Quant au qualificatif « mort », son origine exacte reste incertaine.

Toutefois, une hypothèse mérite notre attention.

Un document consacré à la gestion des rivières de la vallée de l’Orge décrivait le Mort-Ru comme un cours d’eau pratiquement à sec lorsqu’il ne pleut pas.

Alors, son nom serait-il lié à cette particularité ?

Un ruisseau qui semble s’éteindre pendant les périodes sèches avant de reprendre vie avec la pluie…

L’explication est séduisante, mais aucune source historique consultée ne permet de confirmer cette étymologie.

Un nom qui existait déjà sous Napoléon !

Ce que l’on sait en revanche, c’est que ce cours d’eau apparaît déjà, sous une graphie ancienne, dans une transcription du cadastre napoléonien de Nozay.

Sur ce document établi en 1808, on retrouve les appellations « Le Moru » et « Le Moru Ruisseau », sous réserve des incertitudes de transcription du cadastre ancien.

Voilà donc plus de deux siècles que ce nom intrigue !

Et ce petit cours d’eau réserve une dernière surprise.

Le Syndicat de l’Orge explique que l’urbanisation des années 1960 à 1980 a profondément transformé une partie de son parcours.

Création de fossés agricoles, enfouissement partiel dans des canalisations, aménagement de chenaux en béton…

Au fil du temps, certaines portions de ce ruisseau sont ainsi devenues beaucoup moins visibles.

Un nom inquiétant, un cours d’eau parfois presque à sec et un parcours en partie dissimulé sous terre…

Finalement, le Mort-Ru méritait bien sa place dans notre sélection d’Halloween !

À Nozay, les vieilles pierres ont encore bien des histoires à raconter…

La promenade s’achève, mais les secrets de notre village sont loin d’être tous dévoilés.

Un cimetière oublié, une pierre énigmatique, des inscriptions effacées par le temps, des plaques venues d’un autre siècle, des carrières qui ont contribué à façonner Paris et un ruisseau au nom étrange…

Autant d’histoires qui se cachent derrière des lieux que nous croisons parfois depuis des années sans y prêter attention.

Ces anecdotes nous rappellent que Nozay ne s’est pas construit en un jour. Chaque rue, chaque bâtiment, chaque nom de lieu est le témoin d’une époque, d’une activité ou d’une manière de vivre aujourd’hui disparue.

Et finalement, le plus fascinant n’est peut-être pas ce que l’on pourrait inventer à propos de notre village. C’est tout ce que son histoire véritable nous permet encore de découvrir.

Alors, la prochaine fois que vous emprunterez l’une de ces rues, accordez-lui peut-être un regard différent…

Qui sait ce que les vieilles pierres de Nozay ont encore à nous raconter ?

Joyeux Halloween à tous les Nozéens ! 🎃


Sources historiques

Cet article s’appuie sur les recherches et publications suivantes :

  • Mairie de Nozay : « L’église », « Les Templiers à Nozay », « Le XIXe siècle », « Le XXe siècle » et « Géologie » — nozay91.fr
  • Ministère de la Culture : Inventaire général du patrimoine culturel, « Pierre des Templiers », notice IA91000107 — pop.culture.gouv.fr
  • Association Nozay et son Histoire : « Le patrimoine de Nozay à travers ses plaques de rues », guide de rentrée 2016 — histoirenozay.canalblog.com
  • Syndicat de l’Orge : « Promenade du Mort Ru » — syndicatdelorge.fr
  • Colonieslocales : « Nozay sous Napoléon », transcription du cadastre de 1808 — Consulter l’article
  • GRAIE : La gestion intégrée des rivières, volume 3, étude sur la vallée de l’Orge.
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